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Nos activitésSommaire »» Observatoire du Territoire
| Observer le territoire |
Les dispositifs d’observation du territoire sont aujourd’hui à la mode. Quelle administration ou collectivité n’a pas aujourd’hui son Observatoire dans tel ou tel domaine ? Certains Observatoires sont inscrits dans les textes législatifs et réglementaires : la Loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) prévoit par exemple un dispositif d’Observation du territoire pour le suivi des futurs SCOT (Schémas de Cohérence Territoriale).
Une recherche sur Internet sur le mot Observatoire nous a même permis de découvrir un Observatoire des Observatoires (adresse) qui pointe vers des adresses INTERNET d’Observatoires très divers (ne concernant d’ailleurs pas forcément le territoire.
L’examen des réalités du terrain montre cependant qu’au-delà de la grande diversité des domaines abordés, des outils mis en œuvre et des résultats obtenus, les concepts liés à la notion d’Observatoire ne sont pas toujours bien maîtrisés et que leur mise en place est une opération délicate. Dans cet article, nous présentons la notion d’Observatoire et quelques concepts associés, puis évoquons rapidement une liste non exhaustive de thématiques possibles dans le domaine de l’Observation du Territoire, complétée par la présentation de quelques cas concrets d’Observatoires opérationnels. Ensuite, nous abordons les aspects méthodologiques de la mise en œuvre des Observatoires à partir des difficultés et pièges à éviter. |
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| Qu'est ce qu'un observatoire ? |
Un Observatoire est un dispositif d’observation (du territoire pour ce qui nous intéresse) mis en œuvre par un ou plusieurs organismes, pour suivre l’évolution d’un phénomène, d’un domaine ou d’une portion de territoire dans le temps et dans l’espace. La plupart des Observatoires se présentent sous la forme d’applications informatiques dans lesquelles des données sont agrégées et restituées sous la forme synthétique de tableaux, cartes, ou indicateurs statistiques.
A l’origine d’un Observatoire, il devrait toujours exister une problématique (exemple : suivi de l’évolution du marché immobilier), des objectifs concernant le territoire (revaloriser le centre ville) traduits sous forme de buts (mesurer les évolutions par quartier pour vérifier l’impact de la politique d’aménagement). Ceux-ci permettent de définir des indicateurs (taux de variation moyen annuel du prix du foncier par quartier) dont le calcul nécessite l’intégration de données (prix de vente des parcelles obtenu à partir des DIA, Déclarations d’Intention d’Aliéner). Une application informatique peut alors être mise en œuvre pour saisir des données ou charger des fichiers préexistants, calculer les indicateurs et produire les synthèses (cartes thématiques et tableaux de variation par quartier).
La notion d’indicateur est importante : un indicateur est une variable qualitative ou quantitative (et, dans ce cas, chiffrable) permettant d’apprécier un phénomène ou une action (pas toujours quantifiable) à partir d’une échelle de valeurs normatives et/ou comparatives. L’objectif étant de produire des variables significatives d’un état ou d’une évolution, un indicateur doit être localisé, daté et typé. Son mode d’obtention et sa définition ont autant d’importance que ses valeurs successives dans le temps. |
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| Les thématiques possibles |
Il existe une grande variété de thèmes possibles, liés aux compétences des organismes et aux priorités et enjeux spécifiques des territoires. Certains observatoires sont très généralistes et cherchent à couvrir tous les aspects d’un territoire.
D’autres, les plus nombreux, ont pour objectif de traiter toutes les facettes d’un domaine thématique particulier : observatoires de l’eau, de l’air, de l’environnement, des risques naturels, du foncier, des transports, des déplacements urbains, de l’emploi, du logement, de l’habitat…
D’autres enfin, les plus spécialisés , se focalisent sur la réponse à une question particulière : nous avons déjà ainsi rencontré des observatoires des pistes cyclables (objectif : rendre compte des efforts effectués dans le domaine par la collectivité), ou du logement social (objectif : permettre de suivre la répartition par commune des logements sociaux). |
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| Le contenu d'un observatoire |
Un Observatoire doit en premier lieu comporter un dispositif d’entrée de données, sous forme de chargement de fichiers ou de saisie directe, permettant par ailleurs de contrôler la validité et la cohérence des données introduites. Pour que la synthèse soit possible, il faut en particulier que certaines règles de codage soient respectées. Un dispositif de traitement permet ensuite, soit de calculer périodiquement des synthèses prédéfinies (moyenne annuelle des prix de vente au mètre carré par quartier), soit de calculer des synthèses à la demande (évolution du prix moyen annuel dans un îlot particulier). Un dispositif d’édition permet enfin suivant les cas d’exporter des données (indicateurs, données géographiques produites), d’éditer des cartes thématiques ou des tableaux statistiques.
Le rôle de l’information géographique et des SIG dans les Observatoires est variable. Certains observatoires statistiques à la commune ne nécessitent qu’un dispositif léger d’édition de cartes thématiques par communes. D’autres utilisent le géocodage à l’adresse postale pour permettre des synthèses à un niveau infra-communal sans contrainte de zonage géographique, d’autres intègrent des données géographiques dans le calcul des indicateurs (surface du polygone utilisée pour calculer une valeur au mètre carré), d’autres encore croisent des données géographiques entre elles…
Quelques Observatoires n’utilisent que des données propres à l’organisme, mais la plupart nécessitent que plusieurs organismes mettent en commun leurs données sur le territoire concerné. |
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| Les pièges à éviter |
Les projets d’Observatoire peuvent tomber dans plusieurs sortes de pièges que nous évoquerons de façon métaphorique.
- La définition de l’Observatoire proposée dans cet article postule en premier lieu que celui-ci est finalisé, ce qui n’est pas toujours le cas. Nous appellerons « Observatoire de rien » le type de projet dans lequel on agrège des données sans savoir à quoi elles serviront.
- Le « tableau vide » est le projet dans lequel on élabore un tableau de bord correspondant aux souhaits du maître d’ouvrage, sans se préoccuper des contraintes techniques, financières, organisationnelles, juridiques ou partenariales inhérentes à sa réalisation concrète. Bien évidemment, de telles réalisations dépassent rarement le stade de projet.
- Un troisième piège à éviter est celui du « trou noir à informations ». De même que dans l’espace, les trous noirs absorbent la lumière sans jamais la restituer, certains Observatoires, absorbent de grandes quantités d’informations sans jamais rien restituer en retour. Ceci s’explique, d’une part, par le fait que la dimension synthétique de l’Observatoire n’a pas été prise en considération (on agrège des données sans objectif de produire des indicateurs ou sans savoir comment elles seront exploitées), d’autre part par des phénomènes de pouvoir (le spécialiste s’approprie l’information au point de ne pas accepter de la restituer, ce qui conduit généralement les autres participants à refuser de coopérer).
- Enfin, le dernier piège est celui de « l’usine à gaz », dans lequel le spécialiste se focalise sur la réalisation informatique et développe une superbe application très automatisée, sans se soucier des données à intégrer et de l’état d’esprit des participants. |
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| Les difficultés couramment rencontrées |
On peut ainsi évoquer quelques difficultés couramment rencontrées dans la mise en œuvre d’Observatoires du territoire :
- L'expression et la validation des besoins. Il s’agit notamment de convaincre les différents spécialistes thématiques d’exprimer leur compréhension du territoire sous forme d’indicateurs, et d’élaborer avec eux une série d’indicateurs pertinents et calculables.
- La maîtrise de la montée en charge : de ce point de vue, un des obstacles à la mise en œuvre des observatoires partenariaux est le manque de cohérence entre les données des divers organismes : chaque organisme dispose de ses propres zonages et typologies, certains utilisent un référentiel d’adresses postales, d’autres non. De façon plus générale, il faut pouvoir disposer de données fiables, pérennes, significatives et utilisables.
- L’évolution et la mise en cohérence des applications informatiques : la pérennité d’un Observatoire exploitant des données de sources diverses suppose de la part de chacun des organismes un effort minimal de mise en cohérence de son système informatique : cet effort n’est pas toujours possible et rarement facile. Par ailleurs, la facilité d’usage de certains outils (statistiques dans les tableurs par exemple) peut laisser croire qu’il est facile de manipuler des données statistiques sans compétence particulière et conduire à des aberrations.
- L'adhésion des utilisateurs (maintenir la participation et la coopération dans le temps, prendre en considération les phénomènes de pouvoir) et le soutien du projet dans l'organisation (décideurs) : toute opération de collecte de données inter-organismes se heurte à des réticences et à des comportements de rétention d’information, qu’il faut savoir gérer.
- Les difficultés d’établir des partenariats et d’échanger des données avec les autres organismes intervenant sur le même territoire : il s’agit notamment de la difficulté à convaincre les divers organismes intervenant sur le territoire de contribuer à un Observatoire externe qu’ils peuvent percevoir comme un projet concurrent de leurs propres réalisations. Il s’agit également de tenir compte des contraintes juridiques et éthiques liées à la manipulation de données sociales (confidentialité, CNIL…). |
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| La mise en oeuvre d'un observatoire |
Pour avoir quelques chances de réussite, un Observatoire du territoire doit donc éviter les pièges et prendre en considération les difficultés potentielles évoquées. Une démarche organisée est en premier lieu requise.
L’étude préalable de l’Observatoire doit partir de la problématique et des objectifs poursuivis, s’attacher à définir des indicateurs pertinents et calculables, à recenser les sources de données potentielles et leurs caractéristiques, et à identifier l’état d’esprit des partenaires du projet, notamment les réticences éventuelles.
Le choix de l'outil informatique support de l’Observatoire est important : au-delà de sa capacité à intégrer des données de sources diverses et à effectuer des contrôles qualité lors de leur chargement pour assurer leur mise en cohérence, il doit aussi être suffisamment paramétrable pour que l’utilisateur puisse obtenir facilement les synthèses dont il a besoin. Il doit donc être développé autour d’outils standards (bases ACCESS ou ORACLE, SIG du marché).
Le choix des outils et des données est important, mais on aura surtout intérêt à se focaliser sur la définition et la formalisation des partenariats : aspects techniques et juridiques des conventions de partenariat, négociation d’un dispositif acceptable par les divers interlocuteurs... De ce point de vue, une véritable animation du projet est indispensable, notamment pour le suivi de la relation partenariale.
La charge de travail à prévoir est conséquente, dès l’instant que l’on identifie bien toutes les tâches à effectuer : recensement des données existantes dans les divers organismes, assistance à la définition des indicateurs et documentation des indicateurs, collecte des données initiales, calcul d’une première série d’indicateurs et élaboration de tableaux synthétiques et de cartes thématiques, présentation des indicateurs, tableaux et cartes, pérennisation du dispositif… |
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| Conclusion |
| Les données peuvent aujourd’hui s’échanger de plus en plus facilement entre systèmes informatiques, à condition qu’on respecte quelques règles de mise en cohérence avec les référentiels courants (exemple : utiliser systématiquement le Code INSEE pour définir un lien entre enregistrements et communes). Les systèmes informatiques sont de plus en plus ouverts et il n’est pas nécessaire de disposer d’une usine à gaz coûteuse pour mettre en œuvre un observatoire performant. La véritable difficulté des Observatoires est la capacité des organismes à coopérer autour d’un tel projet, et à dépasser les clivages politiques ou administratifs et les conflits d’intérêt pour atteindre des objectifs qu’aucun organisme ne pourrait atteindre seul. Sur ce point, il reste du chemin à faire, car la mise en œuvre de partenariats inter-organisationnels autour de tels observatoires reste une opération délicate. |
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| Références IETI en matière d'observatoire |
L'Observatoire Géomatique de IETI Consultants :
IETI Consultants tient à jour depuis 1992 son dispositif d'observation du développement de la géomatique en France.
CETE LYON (Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement)
Atlas des zones urbaines sensibles (ZUS) : participation à la définition des indicateurs permettant de suivre l'évolution de l'habitat et de sa composition sociale dans les ZUS. Un travail de réflexion particulier sur la sémiologie et la communication des documents a aussi été réalisé au cours de l'étude.
Observatoire du PDU de Lyon : participation à la déifnition des indicateurs et à la structuration des bases de données nécessaires au suivi (sur 10 ans) du PDU (Plan de Déplacement Urbain) de l'agglomération lyonnaise. IETI a particulièrement travaillé sur les indicateurs de pollutions chimiques et sur les problèmes des points-noirs bruit dus à la circulation automobile.
Observatoire du bruit dans une commune : participation à l'étude test pour la mise en place d'un SIG permettant de suivre l'évolution des nuisances sonores (de tous types : industrielles, sociales, véhicules) à partir de plusieurs sources (mesures, plaintes, établissements particuliers …) à l'intérieur même d'une commune.
Direction Régionale de l'Environnement LORRAINE
Etude d’opportunité d’un outil d’aide à la décision pour le suivi de l’eau dans le bassin minier ferrifère de la région LORRAINE. Assistance à l’élaboration d’une maquette.
Etude préalable et réalisation d’une première version d’un guichet de bassin Rhin-Meuse concernant les données sur l’eau (RBDE). Réalisation d'un catalogue de données dans le cadre du projet RBDE.
EPIDA (Etablissement Public d’Aménagement de l’Isle d’Abeau)
Mise en régie de personnel dans le cadre du projet « ACTEUR » du CERTU et de la mise en œuvre d’un SIG. Etude préalable d’un projet de SIG.
Observatoire Régional de l'Habitat et de l'Aménagement NORD PAS-DE-CALAIS
Evaluation d'un projet d'acquisition de données sur l'utilisation du sol par télédétection satellitaire. Etude de redéfinition et prototypage d’un Observatoire Régional des Espaces Dégradés.
Communauté d'Agglomération du Territoire de la Côte Ouest - La Réunion
Assistance à maître d'ouvrage dans l’élaboration de l'observatoire territorial du contrat d'agglomération : étude préalable, assistance à la définition des indicateurs et à l'élaboration des conventions, conception du prototype de l'observatoire. |
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